Agenda


Les dates à inscrire dans vos agendas.

  • ven
    26
    jan
    2018
    14h.Maison des Sciences de l'Homme, 54 boulevard Raspail. 75006, Paris Salle B-1, 18. Métro Sévres Babylone
    La rencontre du théâtre et de la musique : peut-on la réinterroger avec Hector  Berlioz? Une conférence de Violaine Anger.
    On pense d'habitude à Berlioz comme à un compositeur et un orchestrateur. On connaît aussi ce que l'on appelle son "sens du théâtre", et on relève, de manière métaphorique, son art de la mise en scène, sa maîtrise de l'effet, sa capacité à élaborer des histoires dont la dimension visuelle et théâtrale est évidente. Mais on s'interroge moins sur les genres proprement théâtraux qu'il a élaborés. Or Hector Berlioz est aussi (ou d'abord?) celui qui invente des genres théâtraux totalement originaux, au point qu'il doit inventer les genres dont ils relèvent (mélologuedrame lyriquesymphonie dramatique...), genres dont il n'existe qu'un seul exemplaire. Ce faisant, il dépasse les frontières de genre, ne s'embarrasse pas de faire se rencontrer du parlé et de la musique symphonique, et rêve de décors mouvants que seuls le cinéma ou la vidéo permettront d'introduire sur la scène. Il réinvente ce qu'est un personnage, allant jusqu'à écrire une œuvre, Roméo et Juliette, où les personnages éponymes sont désignés comme présents sur la scène, mais sans jamais qu'on ne les voie. 
    Interroger le théâtre avec Hector Berlioz, c'est donc interroger les fondements de l'art théâtral : qu'est-ce, au fond, qu'une scène? qu'est-ce qu'un décor? Comment aborder le rapport entre la parole et le corps du personnage? 
    La séance reviendra ainsi sur quelques oeuvres-phare d'Hector Berlioz en cherchant à dégager ce qu'il apporte à la conception du théâtre. 

    Violaine Anger. Ancienne élève de l’École normale supérieure, ancienne élève du Conservatoire national supérieur de musique de Paris, Maître de conférences habilitée à diriger des recherches à l'Université d'Évry et à l'École polytechnique, Violaine Anger est membre de POLART, chercheur au CERCC, Centre d’Études et de Recherches comparées sur la Création, Équipe d’accueil 1633.

    Elle est l’auteur de Le Sens de la musique, Paris, 2006, Sonate, que me veux-tu ?, Lyon, Ens éditions, Lyon, 2016 ; Berlioz et la scène, penser l’incarnation théâtrale, Paris, Vrin, 2016 et Giacomo Meyerbeer, Paris, Bleu Nuit, 2017

     

  • ven
    09
    fév
    2018
    14hMaison des Sciences de l'Homme, 54 boulevard Raspail. 75006, Paris Salle A-2, 45. Métro Sévres Babylone
    La recherche en création, une conférence d' Isabelle Starkier.
    Comme le souligne Claude Buchvald en évoquant très judicieusement le syndrome de « l’œuf et la poule » : qui génère quoi ? Commence-t-on par la création ou par la recherche, l’acte de création étant « une origine qui s’origine perpétuellement »?  Mais la création n’est-elle pas justement ce qui se fait en se pensant elle-même ou qui se pense en se faisant ?
    L’enjeu très clairement, ne se limite plus au seul engagement d’une recherche, mais à la réalisation de cette recherche sur le terrain pratique et familier de celui même qui la conduit. Une obligation originale s’impose alors : travailler sur l’implication du chercheur à l’égard de sa pratique, favoriser des mises à distance de cette implication pour mieux engager des procédures d’objectivation. C’est la mise en place d’un processus destiné à doter les participants « des moyens d’améliorer leurs pratiques grâce à leur expériences éclairées et nourries des savoirs théoriques » (Catroux 2002). Un changement de paradigme est alors perceptible et la démarche du chercheur se rapproche de celle mise en place dans le cadre de terrains en ethnologie fondée sur « l’observation participante ».

    Isabelle Starkier. Ancienne élève de l’ENS, agrégée de lettres modernes, maître de conférence HDR en études théâtrales à l’Université d’Evry, Isabelle Starkier est également metteur en scène, comédienne et directrice de compagnie. Elle travaille sur l’articulation entre théorie et pratique, faisant se croiser ses mises en scène (une quarantaine), son travail de compagnie en résidence et sa recherche sur l’altérité ainsi que sur le théâtre au cœur de la cité

  • lun
    12
    fév
    2018
    14hMaison des Sciences de l'Homme, salle du Conseil A. 54, boulevard Raspail 75006., Paris
    Les techniques somatiques et l’art chorégraphique : des pratiques sensibles du corps dans l’intime du processus de création artistique. Une conférence de Carlo Locatelli.
    Au printemps 2017, Carlo Locatelli a présenté au CIRRAS, «Le corps caché. A travers trente ans de pratique de danse, une réflexion in vivo sur le corps : entre énergie, imaginaire et approche somatique». Le parti pris de cette conférence était de questionner trente ans de pratique de danse et de voir comment le Corps sujet de la danse, s’était métamorphosé à travers les rencontres artistiques et humaines qui ont marqué et orienté ce parcours. A travers le Living Théâtre, Tanaka Min (météorologie du corps), la nouvelle danse française et la recherche personnelle, l’usage du corps, le ressenti, la façon de l’imaginer, de le construire, de le penser avaient changé de façon évidente…
    Dans cette nouvelle présentation «Les techniques somatiques et l’art chorégraphique ; des pratiques sensibles du corps dans l’intimité du processus de création artistique» - qui ouvre un cycle de conférences proposé par 7 créateurs et praticiens du sensible – le désir est d’interroger d’avantage l’agencement entre les pratiques du corps dites somatiques et le processus de création artistique. Deux univers qui s’entrelacent subtilement dans la création contemporaine en danse mais qui restent souvent de l’ordre de l’insaisissable. C’est une réflexion qui part de l’expérience corporelle et personnelle car ce lien sensible qui ne peut qu’être subjectif et qualitatif, nous engage comme créateurs dans une dynamique expressive et collective.

    Carlo Locatelli Enfant, il pratique les arts martiaux au niveau compétition. Parallèlement à son parcours universitaire (Lettres et Philosophie, Disciplines Art Musique et Spectacle, département sous la direction d’Umberto Eco, Bologne), il se forme professionnellement à la danse contemporaine en Italie et au Japon où il approfondit la danse Bûto avec Tanaka Min. En France depuis 1992, il a été interprète pour plusieurs chorégraphes avant de s’engager dans son propre travail de création. Cie Avventure di vita

    Actif dans une recherché pluridisciplinaire sur le corps, sujet de la danse, il s’intéresse à plusieurs approches corporelles: Yoga du Cachemire, Ostéopathie, Feldenkrais,  AFCMD, Posturopodie, Anatomie pour le mouvement.  Il s‘est formé à la Pédagogie Perceptive (méthode Danis Bois). Ce bagage a nourri son activité artistique et pédagogique en questionnant la présence du corps en scène, l’harmonie du geste dans une direction sensible et les qualités dynamiques du mouvement dansé.

    www.carlolocatelli.com

  • lun
    19
    fév
    2018
    14h.Maison des Sciences de l'Homme, salle du Conseil A. 54, boulevard Raspail 75006., Paris.Métro Sèvres Babylone
    Donner voix aux sens et corps aux mots. De l'écriture du sensible à l'écriture du geste. Une conférence de Marika Rizzi
     Cette intervention vise à créer une boucle entre une certaine pratique de la danse, l’expérience sensible de sa transcription en mots et la résonance que ce dialogue a provoquée à postériori au sein du geste. Questionner la trace que l’exercice d’écriture a laissé dans la danse et dans l’approche au mouvement pour essayer d’identifier de quelle façon parler du geste et du sentir contribue à fabriquer un langage chorégraphique.
    L’étude prend appui sur un travail de recherche et d’écriture autour des pratiques dansées de Kirstie Simson et de Deborah Hay, chercheuses, performeuses, pédagogues, chorégraphe dans le cas de D. Hay, à partir de leur terminologie spécifique. Il s’agit de déplacer légèrement la question du sentir pour situer ce dernier dans son articulation entre le geste et le récit d’expérience. Écrire autour du mouvement dans ces deux contextes a investi une dimension sensorielle du fait qu’il a été question de glisser dans un certain état pour que la mémoire perceptive du moment vécu puisse ré-émerger et trouver sa transposition en mots. Dans un rapport d’influence et d’instruction réciproque le verbe impacte la production du geste autant que son explicitation écrite informe et modifie ensuite l’écriture de la danse.

     

    MARIKA RIZZI. Parallèlement à son activité d'interprète, notamment chez Felix Ruckert et Odile Duboc, elle s'approche des pratiques somatiques, de l'improvisation et du contact improvisation. Dans son parcours de recherche elle suit l'enseignement de Kirstie Simson avec qui elle performe à plusieurs reprises, Simone Forti, Lisa Nelson, Steve Paxton à l'occasion du film « Material for the Spine », Nancy Stark Smith et Mike Vargas, Vera Orlock. En 2012 elle participe au projet SPCP avec Deborah Hay pour la transmission du solo « Dynamic » témoigné dans le documentaire «Turn Your F*^king Head», elle présenteson adaptation du solo en 2013. En 2017 elle termine une recherche master à Paris 8 sur les pratiques de K.Simson et de D.Hay à travers son expérience auprès des deux artistes. Dans son travail et son enseignement, elle privilégie une approche expérimentale qui interroge la notion de recherche en mouvement. Praticienne de Shiatsu (technique énergétique japonaise) depuis 2002

     

     

     

  • lun
    19
    mar
    2018
    14h.Maison des Sciences de l'Homme, salle BS1-05. 54, boulevard Raspail 75006., Paris.Métro Sèvres Babylone
    Transplantation des pratiques somatiques dans une pratique artistique : un imaginaire écologique: une conférence de Luna Paese
    "En collaboration avec Alessia Vecchiet, praticienne Feldenkrais, ma conférence est basée sur le partage des modes de “transplantation” des imaginaires visuels, verbaux et cinétiques des pratiques somatiques à l’intérieur de ma pratique artistique. En particulier, je vais plonger dans le processus d’idéation de la pièce “Anatomie Imaginaire” (2013-2014), qui utilisait l’imaginaire visuel des planches d’anatomies dans la pratique du BMC pour le transposer sur un plan entièrement fictif, et mettre en question notre manière de nous construire une identité. Je vais également partager une réflexion autour du rôle de la voix et des mots choisis par les praticiens dans les pratiques somatiques, mais aussi dans le yoga de l’énergie, le yoga nidra, l’hypnose; entre suggestion, imaginaire et manipulation. Dans la deuxième partie de la conférence je vais traiter mon processus de recherche actuel autour des habitudes et du changement au niveau personnel et écologique, à travers des réflexions théoriques et des pratiques simples guidées par Alessia Vecchiet et moi-même. Ces pratiques vont déstabiliser notre perception de l’environnement et des “autres” et notre manière d’observer et d’écouter. "

    Luna Paese est artiste pluridisciplinaire et praticienne shiatsu. Après des études en piano classique au Conservatoire elle se forme à la danse classique et contemporaine. Elle est diplômée en nouveau cirque auprès de l’Académie Alessandra Galante Garrone de Bologne, achève une licence en psychologie à l’Université la Sapienza, à Rome en 2008 et un master 2 en danse auprès de l’Université Paris 8 en 2016. En 2009/2010 et 2011/2012 elle intègre la formation chorégraphique Transforme dirigée par Myriam Gourfink. Elle est également praticienne shiatsu diplomée à l’European Shiatsu Institute. Elle collabore avec Alexandre Da Silva, Margot Dorléans, Thibaud Le Maguer, Leila Gaudin, Daniele Albanese/Cie Stalker, Claire Buisson, Effetto Larsen, Altroteatro, Sistemi Dinamici Altamente Instabili, Gwennaelle Chastanier, Lucie Eidenbenz, Jules Beckman entre autres.

    En 2014 elle obtient une bourse de résidence de la Maison Baron – service cantonal de la culture, département de l’instruction publique, de la culture et du sport de Genève. Elle est sélectionnée pour le laboratoire de recherche avec Yvonne Rainer et Andrea Kleine à la Fondazione Ratti (2015).

    Elle écrit sur la revue online à bras le corps et poursuit des projets parallèles comme organisatrice et intervieweuse. Intéressée depuis toujours par le lien entre activité artistique et engagement social, elle a animé en EHPAD des ateliers de mouvement pour personnes âgées.

     

  • lun
    26
    mar
    2018
    14hMaison des Sciences de l'Homme, salle BS1-05. 54, boulevard Raspail 75006., Paris.Métro Sèvres Babylone
    Hic et nunc: pratiques du présent dans l'exercice de la performance. Une conférence de Chiara Bortoli
    "Ma recherche se développe dans le cadre d'un collectif qui regroupe des artistes aux différents « backgrounds »: performance, vidéo, photographie. Au delà de nos différents points d'observation, tout notre travail s'enracine profondément dans l'act performatif: la matière humaine, sa mise en présence, en exposition, en fragilité.
    Quelles pratiques peuvent alimenter ce processus et soutenir cette exposition?
    Le performer est agit par la règle impersonnelle d'un dispositif, et c'est là qu'il trouve un abri: sur la superficie mobile de la pratique. Il peut s'abandonner sans défense au devenir d'un sujet autre. Là se produit un savoir poreux qui ne devient jamais complètement act, peut-être même pas au moment de la performance, elle aussi processus dynamique et transitoire, ouvert à l'événement et au regard de l'Autre, accomplissement partiel et fugace de cette pratique qui l'a alimenté."

    Chiara Bortoli. "Mon travail part de la danse contemporaine pour étendre pratiques et contextes dans la direction de l'art contemporain, en particulier la performance-art et les arts visuels. Ma formation s'est faite à Padoue, Toulouse, Paris, New York, Bali. Mes principaux maîtres ont été Wes Howard et  Karin Waehner. J'ai appris beaucoup de Hans Zulig, des danseurs de la compagnie de Merce Cunningham et de Trisha Brown.

    J'ai vécu à Paris de 1987 à 98 en dansant principalement dans les compagnies d'Andy De Groat, Fattoumi-Lamoureux, Bernardo Montet. De retour à Vicenza, je me suis consacrée  à un travail personnel à travers des ateliers de recherche et l'expérience de l'enseignement. J’ai partagé ma recherche avec d'autres artistes, en Italie et en France.

    En 2005 nous créons à Vicenza le collectif Jennifer rosa qui étudie le corps dans son rapport à l'image, la figure humaine, l'ex-position. L'hic et nunc de la présence sont les macro-thèmes qui portent notre recherche. Elle prend la forme de la performance, de l'installation vidéo et photo, souvent en connexion. Nos oeuvres ont été presentées dans le cadre de festivals, d’expositions, d’événements en Europe et Amériques."

     

  • lun
    09
    avr
    2018
    14h.Maison des Sciences de l'Homme, salle BS1-05. 54, boulevard Raspail 75006., Paris.Métro Sèvres Babylone
    Le corps relationnel au travail: un nouveau paradigme chorégraphique. Conférence de Nathalie Schulmann et Mélanie Perrier.
    Poser la relation entre deux personnes comme matrice de l'écriture chorégraphique. Tel est le projet de la chorégraphe Mélanie Perrier, qui pense l'environnement de la création comme un écosystème. Il prend en compte trois relations : celle qui engage le danseur avec son espace de travail, celle qu'il met en oeuvre avec ses partenaires, et celle qui se joue avec la chorégraphe. Cela concourt à la création d'un corps relationnel au travail, où il revient  d'écouter le corps pour ne plus le mettre au travail, mais le laisser être travaillé par les relations. Avec Nathalie Schulmann (ACFMD), elles développent ainsi une réflexion croisée qui génère une vision innovante du travail corporel et relationnel en danse.
  • lun
    16
    avr
    2018
    14h.Maison des Sciences de l'Homme, salle BS1-05. 54, boulevard Raspail 75006., Paris.Métro Sèvres Babylone
    Ajustements sensibles : le corps comme création. Une conférence de Pascal Weber et Jean Desaux, créateurs du duo Hantu
    Le duo Hantu s'est formé suite à une série de performances portant sur la mémoire du corps et les fantômes qui le hantent : Hantu signifie "fantôme", en Indonésien.
    Les performances du duo traitent depuis plus largement de l'articulation entre le corps présent et le corps représenté. Pascal Weber et jean Desaux envisagent la présence comme la conscience d'être vivant, conscience sans cesse actualisée de ce que sont un corps humain, son sexe, son genre, son âge, sa force, son organisation motrice, sa respiration et son interaction avec son environnement, sa relation à l'Autre, sa place dans le groupe social. La représentation renvoie autant à la création artistique et au document d'archive (notamment photo et vidéo) qu' aux images mentales dont il est question dans les pratiques de visualisation (respiration visualisée en Shiatsu, I. F.* chez Feldenkrais, R.E.D. **chez R. Desoille, sophrologie...). Entre présence et représentation, Hantu performe la manifestation et la continuation du désir vital, en s'appuyant tant sur une pratique régulière de la danse Butoh que celle des voyages dirigés , des techniques vocales issues du joik, du chant de gorge ou chant diphonique, des pratiques somatiques évoquées plus haut ou d'un travail plus ancien en bio-énergie et Taï Qi Chuan car ces techniques permettent des ajustements sensibles du corps et de la perception que nous en avons, tandis qu'il se réinvente pour survivre et s'adapter à tout ce qui autour de nous change également.
  • ven
    11
    mai
    2018
    14h.Ecole Française d'Extrême Orient (EFEO) . 22, avenue du Président Wilson. 75016, Paris (Métro trocadéro ou Iéna)

    Trois conférences sur le thème : "être artiste au Cambodge aujourd'hui"

    Etre danseuse classique  cambodgienne, aujourd'hui, une conférence de Lucie Labbé.
    Autrefois liées quasi-exclusivement à la cour royale où leur rôle était principalement rituel, les danseuses « classiques » cambodgiennes d’aujourd’hui son fonctionnaires, élèves au sein d’une institution ministérielle ou d’ONG d’aide à l’enfance, ou encore artistes indépendants. Une continuité esthétique et rituelle existe toutefois toujours avec l’ancienne institution royale. Cette continuité se manifeste notamment à travers la figure d’une princesse de premier rang et la troupe dite « Ballet Royal » que celle-ci rassemble régulièrement autour de projets ponctuels et qui bénéficie d’une aura internationale. Les jeunes femmes -mais aussi de plus en plus de jeunes hommes- incarnant la danse classique khmère évoluent aujourd’hui entre ces différentes sphères et se constituent ainsi une identité originale d’« artiste » en s’appropriant un rituel de cour devenu moyen d’expression, non plus seulement collective, mais aussi, de plus en plus, individuelle, évoluant dans un contexte politique globalement peu favorable au développement de la culture.

    Lucie LABBE est anthropologue sociale. Elle a soutenu à l’EHESS en 2016 une thèse sur la danse de cour cambodgienne avec, pour point de départ, une réflexion sur la formation de la danseuse et son rôle dans la société cambodgienne actuelle. Associée au CASE (Centre Asie du Sud-Est, UMR 8170), elle poursuit actuellement ses recherches postdoctorales sur la danse classique cambodgienne d’hier et d’aujourd’hui avec le soutien de l’EFEO et du CKS.

    L’évolution du théâtre contemporain - dit théâtre « parlé » - au Cambodge . Une conférence de Jean-Baptiste Phou
    Le théâtre dit "parlé" a été introduit pour la première fois au Cambodge par les Français pendant la période du protectorat, où préexistaient d’autres formes « théâtrales » chantées, dansées ou utilisant des marionnettes. Ce n'est que pendant la période postindépendance à partir des années 1950 et sous l’impulsion de Norodom Sihanouk que le théâtre "parlé" se répand et connaît son apogée. Son répertoire inclut à la fois l'adaptation de récits anciens cambodgiens, la traduction de pièces classiques occidentales et de nouvelles pièces écrites par des dramaturges cambodgiens. Après le séisme qu'a connu l'ensemble des arts pendant la période khmère rouge, le théâtre "parlé" semble ne pas être (encore ?) parvenu à se relever. Les arts dramatiques sont toujours enseignés à l'Université des Beaux-arts, mais n’attirent que peu d’étudiants. De même, avec un nombre très restreints de troupes indépendantes, de représentations… on ne peut pas parler de « scène théâtrale » au Cambodge. Les quelques productions d’envergure ont été éphémères et à l’initiatives d’institutions ou d’ONG, faisant appel à des collaborations internationales. Au niveau local, le théâtre "parlé" est de nos jours surtout utilisé à des fins éducatives ou préventives. Après avoir retracé l’histoire du théâtre "parlé" au Cambodge, nous nous interrogerons sur les raisons pour lesquelles dans le contexte cambodgien, le théâtre contemporain a tant de difficulté à émerger.

    Jean-Baptiste Phou est un dramaturge, metteur en scène et comédien franco-cambodgien. Depuis près de 10 ans, il travaille entre la France et le Cambodge, principalement dans le domaine du théâtre et de la comédie musicale. Ses pièces Cambodge, me voici ! et l’Anarchiste adapté du roman de Soth Polin abordent les questions de l’identité et de l’exil. Il intervient régulièrement en tant qu’enseignant (INALCO, Universités Paris IX et Paris XI…) et conférencier (Centre Pompidou, 104, Université Paris 8, University of Salford, Maison des auteurs de Saint-Nazaire…). Depuis 2017, il a rejoint Cambodian Living Arts en tant que responsable des programmes artistiques.

    Les arts comme outil de transformation dans un contexte de post-conflit . Une conférence de Phloeun Prim
    Les conflits et la violence des années 1970 ont rendu le Cambodge tristement célèbre, en particulier le règne des Khmers rouges qui ont fait périr un quart de la population. Pendant cette période, les arts et la culture ont également été en péril avec la disparition de la quasi-totalité des artistes et le risque d'extinction de traditions transmises essentiellement de façon orale. Cette souffrance reste présente pour la grande majorité des Cambodgiens de plus de 40 ans, qui en portent encore les souvenirs et les stigmates.
    Le Cambodge peut servir d'exemple pour explorer les relations délicates entre arts et conflits, éclairer sur le concept de "résilience culturelle" et analyser l'importance des arts dans la reconstruction et la restauration de l'identité dans un contexte de post-conflit. Cette conférence abordera le travail, sur les trois dernières décennies, d'individus s'investissant dans la transmission et la préservation, d'organisations offrant opportunités éducatives et professionnelles, de communautés s'appropriant ou se réappropriant sa culture pour créer ou s'exprimer, et d'institutions opérant de changements structurels, chacun tentant de faire avec ce passé et tous, dans le souci des générations futures.

    Né au Cambodge pendant la période khmère rouge et ayant par la suite émigré au Canada, Phloeun PRIM est retourné dans son pays natal pour prendre part à sa reconstruction. Depuis 2009, il est directeur exécutif de Cambodian Living Arts. Entrepreneur culturel visionnaire, il a accompagné l'organisation dans sa transformation d'une petite structure ayant pour mission la préservation des arts à une institution culturelle de premier plan au Cambodge.

    Il est régulièrement invité à intervenir et à participer à des conférences internationales en lien avec l’art et le développement, au sein d'institutions telles que Salzburg Global Seminar, Aspen Institute et Asia Society. Depuis 2017, il enseigne un cours intitule "Art for Transformation" à l'université de NYU Abu Dhabi

    A noter qu'à l'occasion du Festival  "Cambodge d'hier à aujourd'hui", l'EFEO présente du 1er mai au 31 juillet sous le titre "Ombres et lumières : danses et théâtre au Cambodge" des photographies de différents fonds de ses archives sur le Cambodge, de 1900 à 1966.
    Exposition visible du lundi au vendredi, de 10 à 18 heures / EFEO, 22 Avenue du président Wilson. 75016, Paris

     

    E

  • mar
    15
    mai
    2018
    9h30 à 17h.Théâtre du Soleil. Cartoucherie de Vincennes. 2, rue du Champ de manoeuvre, 75012. Paris

    Marche et démarche

    Ce titre global regroupe un ensemble d'interventions sur le thème du mouvement dans la danse, avec la partiicpation de Françoise Quillet, Nadedja Loujine, Catherine Augé, Jean Guillaume Bart, Christine Bayle, Frédéric Tellier, Mélanie Traversier.

    La jauge étant limitée, merci de réserver en contactant : leloupgris@danse de caractere.com

     

     

     

     

     

     

  • ven
    25
    mai
    2018
    14h-17hMSH, 54 boulevard Raspal, 75006 Paris, salle B1-18
    À la recherche d’une méthodologie pour l’approche comparée des phénomènes scéniques, une  conférence de Violaine Anger  

     

     

    Les pratiques unissant musique instrumentale ou vocale, danse, mise en scène sont répandues dans le monde entier, avec des différences stylistiques essentielles qu’il est difficile d’appréhender globalement de façon comparée. Les enquêtes particulières permettant l’accès à telle ou telle pratique et à ses poétiques sont nombreuses ; les influences croisées contribuent à complexifier le problème, dans la mesure où il est très difficile de figer des genres dans une tradition précise, même si certaines œuvres, par leur force ou leur rayonnement, y tendent. Leur comparaison implique l’élaboration d’un point de vue à partir desquels les différentes approches peuvent être saisies dans leur originalité. C’est à cette élaboration que la séance voudrait, modestement et partiellement, contribuer.
    On cherchera à dépasser l’opposition entre théâtre (vu comme lieu du parlé) et opéra (vu comme lieu de la musique et du chanté) en retravaillant un imaginaire de la parole tel que la partition musicale le constitue. L’écriture (alphabétique ou autre) est en effet une première approche de l’analyse de la parole. Mais la partition musicale est une analyse seconde, en ce qu’elle cherche à rendre visible d’autres phénomènes que ceux retenus par la seule transcription alphabétique. L’écriture musicale, analyse très puissante et singulière de la parole, est ainsi un lieu qui permet de comprendre les évolutions respectives de ce qui sera appelé au fil des siècles « musique » face à ce qui est appelé, selon les moments et époques, « textes », « écrit », « parlé », « déclamation », « langage verbal » etc. À partir de cette analyse, on comprend mieux l’histoire des phénomènes scéniques sur le continent européen et leur « retravail » incessant de la frontière entre le parlé et le chanté. Il s’agit alors d’esquisser une histoire de la parole, de l’énonciation, permettant de comprendre aussi pourquoi la danse s’est peu à peu constituée comme un lieu expressif évitant le chant ou le langage verbal.
    Cette approche à partir de l’imaginaire de l’écriture et donc de la parole dans sa visibilité (et donc du corps et de la scène) pourrait jeter les bases d’une approche comparative.

     

    Violaine Anger : Ancienne élève de l’École normale supérieure, ancienne élève du Conservatoire national supérieur de musique de Paris, Maître de conférences habilitée à diriger des recherches à l'Université d'Évry et à l'École polytechnique, Violaine Anger est membre de POLART, chercheur au CERCC, Centre d’Études et de Recherches comparées sur la Création, Équipe d’accueil 1633. Elle est l’auteur de Le Sens de la musique, Paris, 2006, Sonate, que me veux-tu ?, Lyon, Ens éditions, Lyon, 2016 ; Berlioz et la scène, penser l’incarnation théâtrale, Paris, Vrin, 2016 et Giacomo Meyerbeer, Paris, Bleu Nuit, 2017

     

  • mer
    06
    juin
    2018
    14h-17hMSH, 54 boulevard Raspal, 75006 Paris, salle B1-18

    Le mercredi 6 juin de 14h à 17h, la Maison des Sciences de l’Homme, 54 boulevard Raspail, Salle A2-49

    Conférence de Hafedh Djedidi Grotesque et dérision chez Ionesco, Ghelderode et Visniec 

     Le grotesque en tant que catégorie esthétique est un procédé dramatique qui tente d'adoucir le tragique de la condition humaine dans le drame moderne. Certains auteurs dramatiques, à l'opposé des classiques, ont tenté de racheter la figure royale à travers l'inversion des rôles (notamment avec le bouffon) qui restitue à ces deux figures, enfermée, dans les tragédies classiques, l’une dans l'austérité, et parfois le sublime, l'autre dans le vulgaire et la laideur, leur part d'humanité. A travers l'exemple de trois textes : Le roi se meurt de Ionesco, Escurial de Ghelderode et Le Roi, le rat et le fou du roi de Matei Visniec, cette conférence mettra en évidence les modalités de fonctionnement du grotesque et montrera comment le grotesque est pensé comme auxiliaire du nouveau tragique.

     

    Hafedh Djedidi, Professeur en études théâtrales à l’université de Sousse, Ecrivain, Metteur en scène, Animateur d'Ateliers en Arts du spectacle.

     

     

  • ven
    15
    juin
    2018
    10h - 13h MSH, 54 boulevard Raspal, 75006 Paris, salle B1-18

    Art et expérience corporelle,
    approches interarts et Asie/Occident
    Les neurones miroir à l’oeuvre

    Le CIRRAS (Centre International de Réflexion et de Recherche sur les Arts du Spectacle) est heureux de vous inviter, le vendredi 15 juin de 10h à 13h, la Maison des Sciences de l’Homme, 54 boulevard Raspail, Salle B1-18
    A deux conférences du SEMINAIRE LANGARTS : Les neurones miroir à l’oeuvre
    Le pouvoir du Discobole- La neuroscience et l'histoire de la sculpture grecque .
    par John Onians, spécialiste de la « neuroarthistory », auteur de Neuroarthistory, From Aristotle and Pliny to Baxandall and Zeki (Yale University Press, 2008)
    Les réactions du public face aux œuvres en dansant.
    par Denis Plassard, danseur, fondateur de la compagnie Propos à Lyon, et concepteur d’un audioguide pour le musée des Beaux-Arts de Lyon permettant de danser devant les œuvres et Sophie Onimus-Carrias, conservatrice en chef du Patrimoine, responsable du service culturel, Musée des Beaux-arts de Lyon
  • ven
    28
    sept
    2018
    14h-17hMSH, 54 boulevard Raspal, 75006 Paris, salle A3-50

    Yang Guifei (709-756), figure incontournable de la culture chinoise, est la plus célèbre de toutes les concubines impériales de l'histoire de la Chine.
    Son histoire d'amour et sa disparition tragique ont été une source d'inspiration constante. En Chine, au Japon, elle a suscité un grand nombre d'œuvres d'art : romans, poèmes, œuvres dramatiques, peintures... La plus célèbre sans conteste demeure Le Chant de l'Éternel regret, long poème du grand poète chinois Bo Juyi, né seize ans après la mort de la favorite impériale. Au XVe siècle, cette œuvre a inspiré à Komparu Zenchiku, maître du théâtre Nô, sa très belle pièce Yôkihi (Yang Guifei, en japonais), dont il situe l'intrigue dans plusieurs mondes imaginaires.

    Armen Godel, homme de théâtre et spécialiste du Nô, présentera et donnera en lecture sa traduction de Yôkihi, la première en français.

  • lun
    15
    oct
    2018
    14h-17hMSH, 54 boulevard Raspal, 75006 Paris, salle B1-18

     

     

    LE THEATRE EN TANT QU’ART
      lundi 15 octobre 2018, à 14h, à la Maison des Sciences de l’Homme, 54 boulevard Raspail, Salle B1-18 : Conférence de Marc–Mathieu Münch: LE THEATRE EN TANT QU’ART
    En se fondant sur la découverte de l'invariant de l'effet de vie qui conditionne le théâtre comme tous les arts,  Marc-Mathieu Münch montrera comment cet invariant, qui se décline en corollaires, se combine avec tous les variants de l'art pour créer des styles différents, mais qui se situent tous dans le cadre de la " présence de l'acteur".
     Marc-Mathieu Münch, professeur émérite en littérature générale et comparée de l’université de Metz

     

  • mer
    17
    oct
    2018
    14h-17hMSH, 54 boulevard Raspal, 75006 Paris, salle B1-18
    Le Théâtre du Soleil et la scène mondiale aujourd'hui  - l'Histoire en mouvement -
    « Le futur n’a rien à faire de poètes muets, de peintres aveugles et d’acteurs paralysés de crainte. Il lui faut des poètes qui sachent tout dire, des peintres qui sachent tout décrire et des acteurs qui soient tout à la fois peintres et poètes et qui sachent donner de notre univers encombré et complexe une représentation claire et nourrissante, écrire ensemble par leurs corps et leurs voix la comédie de notre temps, sans fin et toujours recommencée» Ariane Mnouchkine
    Les spectacles du Théâtre du Soleil retiennent l’attention, non seulement par leur qualité, leur beauté et l’éblouissement qu’ils suscitent chez les spectateurs mais aussi par l’acuité et la vitalité avec lesquelles ils appréhendent l’Histoire et la création artistique. Ce sera le propos de ce séminaire qui se tiendra un mercredi par mois, en 2018-2019. Les prochaines séances seront consacrées en novembre à Une Chambre en Inde, en décembre à Kanata.
  • lun
    05
    nov
    2018
    14h-17hMSH, 54 boulevard Raspal, 75006 Paris, salle B1-18
    Pansori & changgeuk à l’âge de la globalisation -
    Conférence d’Hervé Péjaudier à propos de la publication de l’ouvrage  « Bonjour Pansori ! » Pansori & changgeuk à l’âge de la globalisation (CHOE Ki-sook et HAN Yumi (sous la direction de), recueil d’études publié avec le soutien de l’Université Yonsei (Séoul), Éditions Imago, collection « Scènes coréennes », 2017). Coup de cœur de l’Académie Charles Cros 2018
    L’ouvrage.
    Un patrimoine en pleine métamorphose : le pansori est une forme de récit chanté d’origine populaire, né au XVIII° siècle dans les foires de Corée, qui a connu des hauts et des bas avant d’être reconnu comme Trésor National coréen et Patrimoine culturel immatériel mondial par l’UNESCO. Forme « intangible » ? Ce recueil d’articles fait justement le point sur les mutations d’un genre toujours très vivant, dont la transmission ne s’est jamais interrompue : confronté à la mondialisation, le genre va à la rencontre de nouveaux publics, étrangers (avec surtitrage), occidentalisés (avec les versions opératiques, changgeuk, confronté aux plus grands metteurs en scène internationaux), ou plus généralement rajeunis (avec des pansoris de création qui s’inscrivent dans la vie de la cité). Les meilleurs spécialistes coréens nous font partager leur savoir, mais aussi leur engagement et leur passion pour ce genre dont les questionnements croisent ceux du théâtre et de l’opéra contemporains.
    La conférence.
    Hervé Péjaudier, co-traducteur et responsable éditorial de cet ensemble, axera sa présentation sur les métamorphoses actuelles du changgeuk, forme opératique issue du pansori, en évoquant :
    - le rôle clé de la Compagnie Nationale de changgeuk à Séoul
    - la mise en scène d’un changgeuk patrimonial par le metteur en scène occidental Achim Freyer
    - inversement, l’adaptation en changgeuk de la Médée d’Euripide par Seo Jae-hyung
    - la réinvention contemporaine d’un pansori ancien en changgeuk, et sa réception à Paris (Madame Ong, Théâtre de la Ville, avril 2016)
    Pour clore la conférence, Hervé Péjaudier lira un large extrait de sa traduction inédite de Madame Ong, pour donner une idée de l’importance du texte dans le changgeuk.
    Mercredi 7 novembre, 20 h.: Création : GOOD MORNING KOREA !percussions — chant — jeu , TRIO K-VOX : Basile Peuvion, Matthieu Rauchvarger, Hervé Péjaudier
    Hommage aux arts de la scène coréens, percussions omniprésentes, chant populaire minyo, chant et jeu pansori, hymne chamanique, solo de tambour sablier : trois artistes français, familiers de longue date de ces formes traditionnelles, ayant travaillé avec les meilleurs maîtres, ont construit un spectacle de jeu autour des percussions traditionnelles où se mêlent rire et larmes, force et douceur, français et coréen, pour rendre sensible à tout public la richesse de cet art encore méconnu, si lointain et si proche !
    Lieu : Patronage laïque, 72 avenue Felix Faure, 75015 PARIS
    Durée : 1 h 15
    Tarifs : 14€20, 12€10
    Réservations : 01 40 60 86 00 // ecrire@patronagelaique.fr
    Programme :http://patronagelaique.fr/index.php/agenda-culturel/concerts/742-good-morning-korea?date=2018-11-07-20-00