Conférences


Nous indiquons ici les conférences présentées par des intervenants ou intervenantes menant une réflexion théorique ou impliqués dans une pratique artistique en rapport avec le spectacle vivant.

Ces conférences complètent les activités des groupes de travail.

Sauf indication contraire, toutes les conférences se tiennent à la Maison des Sciences de l’Homme, 54 boulevard Raspail, dans les salles annoncées dans l’Agenda.

 

  Conférences de l’année 2019

Lundi 18 mars , à 14h. La génétique théâtrale et l’observation des processus de création sur la scène contemporaine, par Ana Clara Santos

 Bien que les études de génétique théâtrale aient soulevé, ces dernières années, la question de la collaboration entre chercheurs et artistes, il n’en reste pas moins que les recherches et les études de cette nature entamées sur la scène contemporaine ne sont pas encore assez représentatives. Vouloir construire des savoirs sur la scène contemporaine où s’entremêlent le faire artistique et le savoir académique, c’est approcher la création contemporaine comme un processus en devenir. Nous proposons d’interroger ce champ de recherche innovant en Europe à partir, non seulement de quelques expérimentations dans le cadre de l’accompagnement des processus de création du spectacle vivant au Portugal, mais aussi des enjeux lancés par le projet de recherche ARGOS– actes de création et dynamiques de collaboration croisées des Arts de la scène. Il s’agira alors d’interroger le statut de l’observation, la nature même des répétitions et leur dialogisme polyphonique au sein de l’édification d’une esthétique et d’un langage communs où le statut des faiseurs de théâtre et celui des regardeurs/observateurs sont remis en cause.

Ana Clara Santos est professeure à l’université d’Algarve et assure, depuis 2 ans, un séminaire en génétique théâtrale dans le Doctorat en Études de Théâtre, à la Faculté des Lettres de l’université de Lisbonne, où elle mène sa recherche en tant que membre du Centre d’Etudes de Théâtre. Elle vient de codiriger l’ouvrage Pratiques de la génétique théâtrales : du laboratoire d’écriture à la scène, publié dans la collection théâtrale « Entr’acte : études de théâtre et performance » qu’elle a fondée aux éditions Le Manuscrit à Paris. Elle intègre depuis 2018 l’équipe du projet ARGOS- actes de création et dynamiques de collaboration croisées des Arts de la scène financé par le programme européen Europe Créative.

Jeudi 14 mars, à 14h. France, Chine, le théâtre en mouvement, par Jing WANG.

Dans le contexte actuel de mondialisation, les échanges entre différentes cultures sont de jour en jour plus fréquents. Toutefois, deux cultures, lorsqu’elles dialoguent, connaissent toujours des processus complexes : de l’impact, du conflit, du rejet, de la conciliation, de la compréhension, de l’acceptation. Cela s’explique par le fait que chaque culture est en mesure de choisir d’emprunter ou non à une autre selon sa propre identité comme selon ses besoins. En s’immergeant dans un nouvel environnement, tout un chacun le considère en fonction des modèles de pensée et des coutumes de sa propre culture, c’est-à-dire que chacun possède son propre « horizon d’attente ». Dans la réalité, cela restreint la perception et l’interprétation humaine des cultures étrangères. En d’autres termes, une culture s’en approprie une autre et il s’ensuit, selon les cas, une sorte de prise de pouvoir d’une culture sur l’autre, de recouvrement, ou encore un système de circulation, un effet d’hybridité, voire une résistance ou une résilience qui interfèrent dans tous ces rapports.

La communication interculturelle nécessite un intermédiaire ou un chemin : le théâtre en tant qu’art synthétique est une forme de culture, intimement liée à la littérature, qui rassemble des spectateurs comme des lecteurs. Lorsque celui-ci franchit la frontière culturelle et s’immisce dans le contexte culturel de l’autre, il est donc inévitablement confronté au processus d’adaptation, de compatibilité et d’acceptation.

Le théâtre contemporain chinois a un lien étroit avec le théâtre français. Depuis un siècle, le théâtre chinois, analyse et s’approprie les cultures françaises en filtrant et en reprenant certains points en fonction de ses propres intérêts et de ses présupposés. Cette appropriation s’accompagne d’une série d’opérations théâtrales.

Dans cette perspective, Jing WANG présentera le théâtre français en Chine des quarante dernières années : les caractéristiques historiques de chaque période qui influencent clairement l’environnement du théâtre chinois et son rapport avec le théâtre occidental, en précisant le rôle majeur qu’a joué le théâtre français dans le paysage de la culture contemporaine chinoise et notamment ses créations théâtrales.

 Jing WANG est  auteur, dramaturge,  productrice du théâtre, docteur en études théâtrale, directrice et fondatrice de l’Association Hybridités France-Chine Elle travaille depuis 2011 entre la France et la Chine dans le domaine du spectacle vivant et porte de nombreux projets entre les deux pays. Elle a co-rédigé le numéro : Scènes chinoises contemporaines Théâtre/Public, n°210 et  Théâtres de langues chinoises. Perspectives contemporaines, Revue d’Histoire du Théâtre, n°271

Ses oeuvres récentes :

Une vie sur la route de la soie, production Théâtre national de Chine  Prix: Meilleur spectacle asiatique au Festival Edimbourg

Les fous, Compagnie La feuille de Mandarinier

Traductions principales:

Les femmes savantes de Molière

Cet enfant et Le petit chaperon rouge  de Joël Pommerat

En attendant Godot de Beckett

Liliom de Ferenc Molnar

La Bonne Âme du Se-Tchouan de Bertolt Brecht

Bouvard et Pécuchet  de Gustave Flaubert

Les Caprices de Marianne  de Musset

11 février, à 14h, Histoire de la montagne en Chine ancienne, par Gérard Dupuy.

Depuis le commencement du monde jusqu’à nos jours, la montagne a constitué la figure majeure de la terre chinoise.

Nous tenterons d’appréhender, à partir de la source inépuisable de la littérature et de la poésie anciennes, les représentations de la montagne, selon les glissements successifs allant du  mythique au légendaire, puis au spirituel, au sacré, au religieux.

Partant du déploiement premier du monde, la réflexion sera conduite jusqu’au Ve siècle de notre ère, moment où des lettrés et artistes du Sud du Fleuve – le delta du Yangzi ou Fleuve Bleu – “inventent” le paysage en poésie et en peinture.

Quelques incursions dans la Chine des Tang (618-907) ainsi que dans le Japon impérial autour de l’an mille, permettront de compléter la relation intime, voire fusionnelle, que l’homme a pu établir avec la montagne.

A la suite de sa thèse sur le grand poète de paysage Xie Lingyun (385-433) dirigée par François Jullien, Gérard Dupuy s’est orienté vers une réflexion portant sur le sentiment de nature en Chine ancienne. Il en est notamment résulté deux ouvrages :

Xie Lingyun – Poèmes de montagnes et d’eaux, L’Harmattan, 2013

Monter haut, regarder loin – La montagne en Chine ancienne, Editions i, 2018.

Lundi 4 février, à 14h, Ce que cela doit être… Le théâtre en Turquie, entre occidentalisation et héritage traditionnel, par Erica Letailleur

Introduit dans le cadre de la politique d’ouverture sur l’Occident – en deux temps : tout d’abord par la cour ottomane dans le cadre de la politique des Tanzimat, puis à travers les mesures prises par Atatürk dans la « guerre de la culture » à partir de 1923, le théâtre turc représente par excellence un produit d’importation culturelle. A ce phénomène d’ouverture vers l’occident / d’occidentalisation, l’effacement progressif des traditions vivantes semble répondre de manière symétrique. Afin de dresser les canons de ce nouveau domaine de l’art – qui, on l’aura compris, doit être bâti sur les modèles structurels de l’Occident, mais mettre en scène l’identité de la nouvelle nation en construction – des spécialistes sont dépêchés : tout d’abord venus d’Europe, ils ont en charge de préparer le terrain et d’édicter les dogmes (esthétiques, pédagogiques, idéologiques, etc.) ; puis recrutés parmi les nouveaux aspirants locaux formés grâce aux apports des étrangers, ils ont en charge de faire perdurer et de développer ces derniers, au service de la turquisation des infrastructures et des schémas culturels.

Pourtant, on se rend très rapidement compte que le modèle porte ses limites, à tel point qu’aujourd’hui, les acteurs des institutions théâtrales turques semblent perdre pied face à la question du rattachement identitaire à ces canons réinventés, reconstruits de toutes pièces, et dans lesquels ils éprouvent chaque jour les limites au-delà desquelles ils ne parviennent finalement que tant que faire se peut à se reconnaître – à tous les stades du processus créatif.

Cela est particulièrement sensible dans la relation que les acteurs avec lesquels je travaille actuellement à Ankara entretiennent avec l’idée du théâtre lui-même et que l’on pourrait résumer en une simple formule : ce que doit être le théâtre. C’est-à-dire que ces derniers ont reçu, à travers la formation qu’ils ont suivie (à l’Université ou au Conservatoire National), un certain nombre de schémas esthétiques et de paradigmes fixes auxquels ils éprouvent la nécessité de se rattacher pour pouvoir affirmer que ce qu’ils mettent en œuvre dans l’exercice de leur métier est véritablement du théâtre. Pourtant, ces schémas sont aujourd’hui relativement datés d’une part, d’autre part, ils semblent entrer en contradiction avec les valeurs portées par la culture traditionnelle.

La conférence questionnera donc les limites de ce qui définit le théâtre aujourd’hui en Turquie, dans le cadre de ce qu’on pourrait qualifier d’une greffe culturelle (ou de syncrétisme séculier).

Erica Letailleur est enseignante à l’Université de Hacettepe / Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique d’Ankara

Jeudi 31 janvier, à 14h, la notion de Qi et l’art de l’acteur: de la tradition chinoise à la formation de l’acteur aujourd’hui, par Chunyan Ning.

La notion de Qi est probablement l’une des plus anciennes et complexes de la culture chinoise. L’approche linguistique et philosophique montre que l’idéogramme Qi dans sa forme d’origine Jiaguwen (XVIe-XIe av.J.-C.) est la base fondamentale du Yin-Yang (XIe-VIIIe av.J.-C.). Le Qi est l’essence des choses et des êtres, il se manifeste à tous les niveaux de la création, de l’infiniment petit à l’infiniment grand. Il est source d’accomplissement de l’homme dans une relation d’interdépendance avec la nature. Le Qi manifeste le souffle originel et renvoie au concept plus vaste d’énergie ou encore à l’esprit et à l’âme de tous les êtres.

Le Canon de la Médecine de l’Empereur Jaune (Ve-IIIe av.J.-C.) établit ses prescriptions pour la prévention et la guérision des maladies par la circulation de Qi (douze principaux méridiens). A partir de cette théorie, se sont développées des pratiques corporelles : Le Qi Gong dans ses multipes formes a pour but la prise de conscience du Qi interne dans la perspective d’un épanouissement et du bien être de soi, tandis que le Tai Ji Quan issu des arts martiaux travaille surtout l’homme vers son Qi externe, le rapport à l’autre. Sans oublier d’autres formes telles que le Liu Zi Jue qui guide l’énergie intérieure en soufflant du son, et le Ba Duan Jin qui conduit à l’expression de l’énergie dans l’espace.

Le concept de Qi s’inscrit dans la vie quotidienne de la société chinoise et imprègne nombre d’activités tournées vers l’expression et l’art. Il est notamment à la base de la convention gestuelle du théâtre traditionnel (Xiqu). L’entraînement de l’acteur de l’opéra de Pékin (Jingju) nous révèle la conscience de l’équilibre entre les mains, le regard, le corps, les postures et le mouvement dans l’espace. C’est par les pratiques qui mobilisent le Qi que l’idéal d’un jeu d’acteur à la fois relaxé et concentré peut être atteint, à la recherche d’une cohérence profonde entre l’action et le Qi intérieur, et d’une maîtrise du corps de l’acteur en situation et interrelation contextuelle.

Cette approche renouvelée de la formation de l’acteur se caractérise par une vision globale où les frontières entre le psychique et le physique sont dépassées, où le soi, le partenaire et le public sont en situation de contact naturel (Qi Chang). Elle est en complète correspondance avec la conception contemporaine du théâtre.

 

 Chunyan Ning a réalisé dans cet esprit de nombreuses mises en scènes dans le répertoire classique et contemporain sur les deux continents, étayée par  une longue expérience de l’enseignement du théâtre en France, notamment à l’Université Paris 8 et à la Sorbonne Nouvelle, ainsi qu’en Chine, tels China Communication University et Shanghai Academy Theatre.

Conférences de l’année 2018

Vendredi 15 juin à 10h, Les neurones miroir à l’oeuvre, par John Onians, Denis Plassard et Sophie Onimus-Carrias

Le pouvoir du Discobole- La neuroscience et l’histoire de la sculpture grecque par John Onians, spécialiste de la « neuroarthistory », auteur de Neuroarthistory, From Aristote and Pliny to Baxandall and Zeki (Yale University Press, 2008)

Les réactions du public face aux œuvres en dansant par Denis Plassard, danseur, fondateur de la compagnie Propos à Lyon, et concepteur d’un audioguide pour le musée des Beaux-Arts de Lyon permettant de danser devant les œuvres et Sophie Onimus-Carrias, conservatrice en chef du Patrimoine, responsable du service culturel, Musée des Beaux-arts de Lyon

Mercredi 6 juin à 14h, Grotesque et dérision chez Ionesco, Ghelderode et Visniec par Hafedh Djedidi

 Le grotesque en tant que catégorie esthétique est un procédé dramatique qui tente d’adoucir le tragique de la condition humaine dans le drame moderne. Certains auteurs dramatiques, à l’opposé des classiques, ont tenté de racheter la figure royale à travers l’inversion des rôles (notamment avec le bouffon) qui restitue à ces deux figures, enfermées, dans les tragédies classiques, l’une dans l’austérité, et parfois le sublime, l’autre dans le vulgaire et la laideur, leur part d’humanité. A travers l’exemple de trois textes : Le roi se meurt de Ionesco, Escurial de Ghelderode et Le Roi, le rat et le fou du roi de Matei Visniec, cette conférence mettra en évidence les modalités de fonctionnement du grotesque et montrera comment le grotesque est pensé comme auxiliaire du nouveau tragique.

Hafedh Djedidi, Professeur en études théâtrales à l’université de Sousse, écrivain, metteur en scène, animateur d’Ateliers en Arts du spectacle.

Vendredi 25 mai à 14h,   À la recherche d’une méthodologie pour l’approche comparée des phénomènes scéniques par Violaine Anger

 Les pratiques unissant musique instrumentale ou vocale, danse, mise en scène sont répandues dans le monde entier, avec des différences stylistiques essentielles qu’il est difficile d’appréhender globalement de façon comparée. Les enquêtes particulières permettant l’accès à telle ou telle pratique et à ses poétiques sont nombreuses ; les influences croisées contribuent à complexifier le problème, dans la mesure où il est très difficile de figer des genres dans une tradition précise, même si certaines œuvres, par leur force ou leur rayonnement, y tendent. Leur comparaison implique l’élaboration d’un point de vue à partir desquels les différentes approches peuvent être saisies dans leur originalité. C’est à cette élaboration que la séance voudrait, modestement et partiellement, contribuer.

On cherchera à dépasser l’opposition entre théâtre (vu comme lieu du parlé) et opéra (vu comme lieu de la musique et du chanté) en retravaillant un imaginaire de la parole tel que la partition musicale le constitue. L’écriture (alphabétique ou autre) est en effet une première approche de l’analyse de la parole. Mais la partition musicale est une analyse seconde, en ce qu’elle cherche à rendre visible d’autres phénomènes que ceux retenus par la seule transcription alphabétique. L’écriture musicale, analyse très puissante et singulière de la parole, est ainsi un lieu qui permet de comprendre les évolutions respectives de ce qui sera appelé au fil des siècles « musique » face à ce qui est appelé, selon les moments et époques, « textes », « écrit », « parlé », « déclamation », « langage verbal » etc. À partir de cette analyse, on comprend mieux l’histoire des phénomènes scéniques sur le continent européen et leur « retravail » incessant de la frontière entre le parlé et le chanté. Il s’agit alors d’esquisser une histoire de la parole, de l’énonciation, permettant de comprendre aussi pourquoi la danse s’est peu à peu constituée comme un lieu expressif évitant le chant ou le langage verbal.

Cette approche à partir de l’imaginaire de l’écriture et donc de la parole dans sa visibilité (et donc du corps et de la scène) pourrait jeter les bases d’une approche comparative.

 Violaine Anger : Ancienne élève de l’École normale supérieure, ancienne élève du Conservatoire national supérieur de musique de Paris, Maître de conférences habilitée à diriger des recherches à l’Université d’Évry et à l’École polytechnique, Violaine Anger est membre de POLART, chercheur au CERCC, Centre d’Études et de Recherches comparées sur la Création, Équipe d’accueil 1633. Elle est l’auteur de Le Sens de la musique, Paris, 2006, Sonate, que me veux-tu ?, Lyon, Ens éditions, Lyon, 2016 ; Berlioz et la scène, penser l’incarnation théâtrale, Paris, Vrin, 2016 et Giacomo Meyerbeer, Paris, Bleu Nuit, 2017.

Conférences de l’année 2017

Vendredi 31 mars 2017 à 14h. Le théâtre contemporain iranien : la frontière entre le réel et l’imaginaire. Par Yassaman Khajehi.

Parmi les nouvelles propositions théâtrales en Iran, on observe aujourd’hui une interrogation récurrente sur la frontière entre le réel et l’imaginaire. Les lieux, les événements, les personnages possèdent souvent une ambiguïté qui pousse le public à chercher dans “l’histoire” une référence documentée pour chaque élément. Cela peut devenir une forme d’expression pour aborder certains sujets, ou bien un “lieu” sûr pour raconter. Si le cinéma iranien se penche sur le genre faux documentaire comme le film Valley of Stars sorti très récemment, en France, le théâtre contemporain exerce cette expérience plus fréquemment.

Cette conférence propose d’étudier cette problématique dans un contexte historique, social et artistique et se concentrera sur le dernier spectacle de Neda Shahrokhi, où elle apporte un nouveau regard sur l’aspect documentaire du théâtre iranien : La fenêtre ou c’est moi qui écris mon histoire
La fenêtre ou c’est moi qui écris mon Histoire est une expérience scénique qui, dans un premier temps, s’est formée pendant six mois de travaux et de recherches autour de la deuxième guerre mondiale en Iran. L’histoire se passe dans trois villes : Téhéran occupé par les Américains, Bandar Anzali dans le nord occupé par les Russes et Bandar Abbas dans le sud occupé par les Anglais. Elle raconte l’histoire de femmes anonymes qui chacune vécurent cet évènement différemment.  Cela a donné naissance à un spectacle joué l’année dernière à Téhéran où chaque soir le public cherchait et suivait les comédiens pour découvrir l’Histoire. 
En 2017, Cie Fanous de Téhéran, propose une nouvelle version de ce spectacle, une mise en abyme dans laquelle la représentation interroge son public à la frontière du réel et de l’imaginaire. Ainsi Fanous propose un nouveau regard sur la notion de documentaire au sein du théâtre contemporain iranien.

Yassaman Khajehi est HAR à l’Université de Paris 10 Nanterre.

La Conférence a été suivie d’une table ronde en présence de Neda Shahroki, Metteure en scène de La fenêtre, ou c’est moi qui écris mon  histoire, de la Compagnie Fanous de Téhéran

Conférences de l’année 2016

Vendredi 8 décembre 2016 de 15h30 à 18h30. L’expérience d’ Astragali Teatro : théâtre en zones de conflits. Par Fabio Tolledi.

Fabio Tolledi a présenté l’expérience d’Astràgali Teatro dans des territoires de conflit, tels que la Palestine, l’Iraq-Kurdistan, la Syrie, Chypre, la Turquie, la Tunisie, ainsi que les interventions artistiques de son théâtre qui abordent toute sorte de conflit social.

Le conflit a des formes multiples. Nos sociétés sont  marquées par les conflits. Le conflit a une dimension  qui nous concerne tous. Le théâtre est un instrument  qui cherche à comprendre,  qui peut questionner, qui peut ouvrir une réflexion critique sur les dynamiques culturelles et sociales et peut proposer des voies concrètes, pratiques de réflexion et de dépassement du conflit à travers la connaissance. Le théâtre comme expérience des corps des comédiennes et des comédiens, et de rencontre avec les corps des spectateurs, ou mieux, des gens, des communautés, est une pratique très forte de partage et de conscience critique.

L’Astràgali Teatro , fondé en Lecce en 1981, est depuis 1992 sous la direction de Fabio Tolledi.
L’Astràgali Teatro a réalisé des projets internationaux dans plus de 30 pays (dans toute l’Europe, la Méditerranée, l’Afrique du Nord et le Moyen Orient) en coopération avec différents artistes, théâtres et universités. Son but est de promouvoir un théâtre qui émerge de la rencontre de diverses expériences et de multiples langues au delà des frontières et des séparations qui constituent la base des conflits. C’est un lieu de rencontre et de réflexion qui promeut une pratique syncrétique d’échanges et de croisements. Les artistes d’Astràgali ont travaillé dans les coins les plus obsolètes de l’Italie – architectoniques ou naturels en pratiquant du théâtre in situ. Faire du théâtre en zones de conflits caractérise la plupart des projets internationaux d’Astràgali ces dernières années. Ses projets sont marqués par le désir de comprendre la relation entre la tradition et la contemporanéité dans la pratique esthétique. En lien permanent avec un réseau international, Astràgali Teatro a établi une forte présence dans la Méditerranée et le Moyen Orient où le « langage des autres » est devenu une pierre angulaire de l’expérimentation artistique. Les productions traitent des enjeux contemporains tout en cherchant les origines du théâtre. En utilisant comme base la tragédie et la comédie de l’Antiquité, l’ Astràgali Teatro a abordé les thèmes d’actualité aussi variés que les conflits, la violence, le migrations, le genre, la domination et les frontières.

 Fabio Tolledi est metteur en scène, écrivain dramatique et directeur artistique d’Astràgali Teatro depuis 1992. Il est Président du Centre italien de l’Institut International du Théâtre (I.T.I.) et Vice-Président du Comité de Développement et d’Identité Culturelle de l’ITI. Il est également chercheur et sociologue à l’Université de Salento. Ces dernières années il a dirigé des projets internationaux et des coopérations artistiques (co-productions, résidences, workshops, séminaires) entre Astràgali et des lieux culturels, théâtres ou universités dans différents pays comme l’Albanie, l’Allemagne, l’Azerbaïdjan, le Brésil, la Chine, Chypre, l’Espagne, la France, l’Irak, la Grèce, Malte, la Jordanie, la Palestine, la Syrie, la Tunisie et la Turquie. Ses performances ont été jouées dans toute l’Europe et la Méditerranée. Actuellement il concentre son travail sur les résidences et les workshops  internationaux regroupant des comédiens de différents pays et origines pour créer des performances en différentes langues et dans les lieux en dehors des théâtres traditionnels – dans la nature, les lieux industriels ou abandonnés ou autour des monuments historiques. Les sujets sont souvent liés à la diversité, aux conflits et aux frontières intérieures ou extérieures. Il est auteur de nombreux livres, publications et articles en Italie et à l’étranger.

Lundi 5 décembre 2016 de 14 à 17 heures: Le théâtre à Bali : le cosmos et le jeu. (2ème partie). Par Catherine  (Kati) Basset

Cette nouvelle communication porte sur la seconde partie du titre et du propos : «LE JEU ».
A savoir, les modalités et codifications des représentations narratives en pratique,
insérées (ou non) dans le rituel sacrificiel (yadnya, skrt. yajna). En partant du
très concret, ce sera un pas vers la résolution de la dichotomie apparente entre
les traités (partie 1 : « Le cosmos ») et la pratique, entre l’univers à la fois
éthéré et «magique » des initiés et la société « civile »; de la gestion des
émotions, des archétypes de caractères, du passage aux personnages, des
langues et de leurs traducteurs en scène, de la magie réelle dans celle du théâtre,
des mythes mis en scène, des conflits mis en scène, que l’on retrouve dans
l’histoire politique et religieuse depuis des siècles jusqu’à l’actualité.
C’est la musique de gamelan — élément du théâtre et des rituels —, sa réelle
structure mise à jour par Catherine Basset, qui révèle la pertinence des traités
locaux la concernant, traités pourtant interdits aux joueurs de gamelan et dans
lesquels les musicologues ne trouvent rien de musical… Découverte sans a priori
théorique, mais grâce à l’abandon des outils et notions “musico-logiques », cette
structure fondamentale de la musique, bien connue dans les domaines
architecturaux (de l’architecture selon les Védas à celle de Bali), fait entrer dans
une conception sanskrite du temps (espace-temps) et du langage. Elle est propre
à vaincre et guérir (de son illusion) Batara Kala l’ogre du Temps qui passe,
comme le fait le mage-marionnettiste dalang. Cette structure est en même
temps réellement musicale, fondée sur la vibration, sans solution de continuité
entre physique et métaphysique… ce qui résonne fort avec le tantrisme des
traités et de la tradition indo-javano-balinaise.

Calonarang à Kutuh (Bali) Matah Gedé et sa servante Desak Rai. Photo  : Catherine Basset

Calonarang à Kutuh (Bali) Matah Gedé et sa servante Desak Rai. Photo : Catherine Basset

14 novembre 2016, de 14 à 17h. : Le cosmos et le jeu : contenus des traités et modalités scéniques du théâtre indo-javano-balinais (Première partie). Présentation par Catherine (Kati) Basset

  Le contenu des traités spécialisés locaux (tantrique, initiatique, « magique ») ne porte ni sur l’esthétique, ni sur le spectacle ni sur les performances proprement scéniques ; il n’est pas destiné à la majorité des acteurs et musiciens, mais seulement aux initiés (mage-dalang, notamment). Tout en étant censé servir le succès du spectacle au plan mondain, ce contenu porte sur un autre plan de réalité. Ses enjeux sont ignorés du théâtre occidental (classique et contemporain) et des études disciplinaires (théâtrales ou pire, musicologiques). Cependant, toutes les modalités traditionnelles — codifications non écrites — de la représentation (re-présent-ation), et tout ce qui concerne le ressenti — par exemple la purification des émotions, mais sans tragédie ni pathos —, tout appartient et contribue au même univers (uni-vers). La même imago mundi dirige le domaine théâtral — représentations narratives et en mouvement — et les autres domaines. D’où un autre facteur d’inadaptation des études disciplinaires ; d’où l’inanité, pour conserver la tradition, de passer à ” l’art ” — i.e. à des représentations, dont éventuellement les rituels, comme pur spectacle ; d’où la fréquence de la polyvalence (des talents et des genres); d’où, aussi, pour boucler la boucle, la quasi identité et quasi neutralité de contenu des traités locaux… en relation également au Neutre comme Suprême.

 

Catherine (Kati) Basset : spécialiste depuis plus de 30 ans, dont une douzaine d’années sur le terrain à Bali et sur l’île de Java, des représentations scéniques (et de la musique de gamelan, et des rituels) en relation à leur fond hindou-bouddhique (tantrique), Catherine Basset conjugue dans ce domaine les activités d’artiste (mise en scène, adaptations, conte), d’auteur (nombreuses publications de tous niveaux et sur divers supports, expositions, très nombreuses communications orales scientifiques et tout public), d’enseignant (chargé de cours à l’INALCO, à l’Université de Franche-Comté et ponctuellement dans diverses universités de Paris, France et Europe) et de chercheur — après un doctorat en ethnologie à Paris X, comme chercheur associé au Centre Asie du Sud-Est (C.A.S.E CNRS-EHESS) et à des équipes de recherche, dont le CIRRAS.

4 novembre 2016, de 14 à 17 h. : La diversité des expression culturelles à l’heure du numérique. Synthèse analytique à l’occasion des 10 ans de la Convention UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, par Fanny Badey.

Cette conférence a pour but de présenter la publication effectuée avec la Coalition canadienne pour la diversité sur le thème de la diversité des expressions culturelles à l’ère du numérique. Il s’agit d’un état des lieux schématique et concis du contenu des divers événements et rapports sur les défis du numérique pour la culture ayant eu lieu en 2015. A travers ce texte sont présentés les constats et défis du numérique, mais également de nouvelles pistes d’appréhension du numérique. Cette publication se veut être un guide afin de soutenir d’élaboration de nouvelles mesures. 

Fanny Badey est doctorante en sociologie,chargée de communication à l’Institut Lumière à Lyon.

3 octobre 2016 de 14 à 17 h : la coauctorialité dans les arts de la scène au Québec, de Lepage au spectateur, par  Hervé Guay.

L’essoufflement de la création collective au milieu des années 1980 a donné lieu au Québec à une revalorisation des rôles de l’auteur dramatique et du metteur en scène dans la production théâtrale. Mais cette période n’a pas été sans laisser de traces dans le mode de production, dans la reconnaissance de l’apport de multiples créateurs à  l’élaboration du spectacle et dans la reconfiguration de son auctorialité. Le phénomène peut être retracé à l’aide du concept de coauctorialité qui, au lieu de substituer à la signature individuelle du spectacle celle d’un collectif, admet la présence d’individus plus nombreux comme signataires d’une création théâtrale, ce qui peut engendrer une divergence de points de vue et de formes au sein de la représentation. C’est donc à cette transformation du travail en collectif dans les arts de la scène au Québec et à ses manifestations les plus significatives que sera consacrée cette présentation. Le point de départ en sera le travail de Robert Lepage et le point d’arrivée, des manifestations récentes, où même le spectateur est appelé à faire entendre sa voix.        

Longtemps critique au journal Le Devoir, Hervé Guay enseigne à l’Université du Québec à Trois-Rivières. Il a dirigé en compagnie de Louis Patrick Leroux le collectif Le jeu des positions (Nota bene, 2014). Il s’intéresse à l’histoire du théâtre québécois, aux relations entre les médias et les arts de la scène et aux interactions avec le spectateur dans les pratiques contemporaines. Au fil des ans, il a préparé des dossiers pour L’Annuaire théâtral, Degrés, Études françaises, Theatre Research in Canada, Voix et Images et Tangence, revue savante dont il est le directeur. Président de la Société québécoise d’études théâtrales de 2011 à 2015, Hervé Guay est membre du Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoises et dirige, à l’UQTR, le Laboratoire de recherche sur les publics de la culture.

Vendredi 16 septembre 2016, de 14 à 17 h : “Ame de tigre, maîtrise cornélienne de soi”, recherche d’un théâtre du geste et du masque chez le mime Farina, Jacques Copeau et Charles Dullin, entre 1910 et 1920, par Laurette Burgholzer.

Comment sortir de la littérature, telle est l’une des questions centrales dans la pensée et la pratique scénique de Jacques Copeau au Théâtre du Vieux-Colombier autour de 1920. Son contemporain Charles Dullin au théâtre de l’Atelier vise également à réinventer un théâtre « moins livresque », tandis que les discours sur la pantomime blanche, genre en voie de disparition, est marqué d’éloges nostalgiques, clamant que cet art muet pourrait être bienfaisant dans une époque des « verbiages ».

 Pour en finir avec les acteurs déclamateurs de textes, maints praticiens et théoriciens européens du début du 20ème siècle envisagent des formes théâtrales nouvelles ou ressuscitées, afin de rendre à l’acteur sa maîtrise et son expressivité corporelle. Ces essais de réinventer les techniques du jeu et l’esthétique de la scène se caractérisent par leurs inspirations éclectiques. Chez Copeau et Dullin, les acteurs-acrobates de la Commedia dell’arte rencontrent les masques rituels africains, les comédiens évocateurs des lieux de l’ère de Shakespeare se mêlent aux danseurs javanais, les farceurs des foires parisiennes font face aux acteurs du Nô japonais.

 Lors de cette conférence, nous retracerons à partir de recherches historiques dans les fonds d’archives de la BNF, les recherches corporelles et conceptuelles d’un théâtre des masques et des gestes chez le mime Farina, Jacques Copeau et Charles Dullin dans les années 1910 – 1920, ainsi que les enjeux d’un exotisme parfois ostentatoire dont l’un des résultat est le discours d’un mime français sur le présumé « masque tragique et sobre » de l’acteur japonais Sessue Hayakawa, qui exprimerait la « maîtrise cornélienne » de sa cruelle « âme de tigre ».

Laurette Burgholzer est Doctorante en études théâtrales et Chargée de cours à l’Université de Vienne (Autriche). Son domaine d’étude porte surla théorie et la pratique du jeu masqué, les personnages-types du cinéma burlesque et de la pantomime blanche, les traités sur l’art du comédien, l’histoire de la haine du théâtre et de la théâtrophilie.

Publications récentes :Wenn alle Stricke reißen, hänge ich mich auf. Komödiantischer Suizid in Stummfilmgroteske und Pantomime um 1900. In : Kandioler (N.) dir., Meurer (U.) dir. – Escape ! Strategien des Entkommens. Vienne 2015. Disponible sur : http://escape.univie.ac.at/wenn-alle-stricke-reissen-haenge-ich-mich-auf

Le fantôme blanc comme une page pas encore écrite. Die Maske Pierrot und Manifestationen des Arationalen in der Pantomime um 1900. In : Baumbach (G.) dir. – Erinnern – Erzählen – Erkennen. Vom Wissen kultureller Praktiken. Leipzig 2016. [à paraître]

Contact : laurette.burgholzer@univie.ac.at

Lundi 12 septembre 2016, de 14 à 17h. : Le théâtre en Algérie, pratiques et tendances, par Sofiane Attia et Lemya Maameri.

ATTENTION :Cette Conférence a été annulée!  Voir l’Agenda pour éventuel report.

Après l’indépendance en 1962, le théâtre en Algérie se trouvait à la recherche de ses objectifs et de ses orientations. Ses choix esthétiques et idéologiques ont toujours été liés au vécu sociopolitique du pays. Afin de mieux cerner les différentes facettes de l’enjeu de la pratique théâtrale en Algérie aujourd’hui, nous nous situons dans une perspective diachronique. Commençant par les premières années de l’indépendance et arrivant jusqu’à aujourd’hui. La conférence veut présenter les pratiques et les tendances théâtrales dans le pays à travers l’expérience de la troupe « Canevas ». En tant que praticien, son fondateur Monsieur Sofiane ATTIA, nous parlera de l’évolution des choix esthétiques et thématiques de ses œuvres, de ses sources d’inspiration et de son expérience en formation d’acteur dans le cadre des ateliers de Canevas.

Sofiane Attia,  a embrassé une carrière d’artiste depuis plus de 20 ans. Ecrivain, comédien, puis metteur en scène, il est aujourd’hui, le Président de la coopérative théâtrale Canevas de Bordj Bou Arreridj, fondée en 2010. Malgré son jeune age, Canevas s’est sérieusement imposée sur le paysage culturel algérien et a donné naissance à plusieurs productions de qualité dont : Nuit d’exécution, Les Canibales, Le Contrat. Bien avant Canevas, Sofiane ATTIA avait révélé ses talents de brillant comédien au sein de la troupe Masrah Tedj, fondée en 1989.L’invité a participé à de nombreuses manifestations culturelles nationales et internationales, et a récolté plusieurs prix notamment le prix du meilleur monologue en 1996, meilleur comédien en 2007, meilleurs texte 2014. Soucieux de formation, Sofiane ATTIA anime depuis septembre 2010 « Les Ateliers de Canevas », des sessions de formation destinés aux jeunes passionnés. La préparation physique du comédien et les techniques fondamentales du jeu théâtrale constituent les axes principaux de l’apprentissage.

Lemya Maameri, est doctorante à université François Rabelais de Tours, chercheuse au laboratoire IDC (interactions discursives et culturelles) et élève à l’école internationale de théâtre Jaques Lecoq de Paris. Ses recherches portent sur le théâtre arabe en général et plus précisément sur l’étude des influences et de l’interculturalité. Elle est l’auteure de nombreuses pièces de théâtre en arabe et en français telles que Les Tombes avant l’espoir, Apocalypse et Mon ange. Elle intervient également en milieu scolaire où elle anime des ateliers en écriture dramatique et en jeu théâtral. 

Lundi 18 avril 2016, de14 à 17h : Le théâtre arabe à l’épreuve de l’adaptation, par Omar Fertat

   L’adaptation ou al Iqtibas, est une pratique intertextuelle qui occupe une place particulière dans l’histoire du théâtre arabe. La première pièce théâtrale arabe, al Bakhil de Marun al Naqash ne fut-elle pas une transplantation de l’Avare de Molière ? Depuis la naissance du théâtre arabe moderne en 1847, l’adaptation théâtrale, sous toutes ses formes, transplantation, arabisation, acclimatation, plagiat…, est devenue une pratique « incontournable » pour tout jeune dramaturge arabe désirant pratiquer ce nouvel art importé d’ailleurs. Si les années 1960 ont été marquées par un retour à des formes d’écriture et de spectacles dites « patrimoniales » ou « authentiquement arabes », les années 1980 verront de nouveau un retour massif du texte étranger. Une tendance qui n’a, depuis, cessé de s’amplifier et qui aujourd’hui encore attire un grand nombre de dramaturges et metteurs en scène. Il suffit de relever le nombre important de pièces étrangères jouées lors des derniers festivals et rencontres théâtrales arabes pour s’en convaincre. Nous essaierons lors de cette conférence de mettre en lumière cette pratique qui marqua et façonna profondément la pratique théâtrale arabe, depuis les premières tentatives dont le but était de s’approprier et d’acclimater un art étranger jusqu’aux tentatives récentes que connaissent les scènes théâtrales qu’on pourra qualifier de post-dramatiques. Ce sera aussi l’occasion de braquer les projecteurs sur certains dramaturges comme Tayeb Saddiki, qui ont excellé au plus haut point dans cette pratique interculturelle.

Omar Fertat, Maître de Conférences à l’Université Bordeaux-Montaigne où il enseigne la littérature arabe moderne au Département des Études Orientales et Extrême-Orientales et les arts spectaculaires arabes au Département des Arts du Spectacle. Il est Directeur de la revue Horizons/théâtre et codirecteur de la collection « Monde arabe/Monde musulman » aux Presses Universitaires de Bordeaux. Ses recherches portent sur le théâtre arabe en général et plus particulièrement sur les formes populaires du théâtre maghrébin. Il s’intéresse aussi aux questions liées à la traduction et à l’adaptation dans le théâtre arabe ainsi qu’aux formes modernes et contemporaines des arts du spectrale dans le monde arabe. Il a codirigé deux ouvrages : Pour un Théâtre-Monde. Plurilinguisme, interculturalité, transmission (2013) et Dramaturgies alternatives (2015). Il a publié plusieurs articles dans des revues spécialisées. Ses deux derniers ouvrages, L’Autre et ses représentations dans le monde arabo-musulman et Le théâtre marocain à l’épreuve du texte étranger : traduction, adaptation, nouvelle dramaturgie paraîtront en 2016.

Inscription obligatoire, nombre de places limitées.

Vendredi 15 avril 2016 de 14 à 18 heures : CHOREIA 1 – ESPACE

Deux conférences qui étudient la notion de “Choreia”.

“Pour aborder la question de la relation entre théâtre, musique et danse, il est fécond de convoquer la notion antique de choreia. Pour une raison élémentaire : adopter un terme simple pour désigner cette relation complexe offre une économie discursive très profitable. Il est à noter que le terme “choreia” est la source étymologique de “chœur” comme de “chorégraphie”. (Jean-Marc Quillet)

Ce sujet occupera plusieurs journées du CIRRAS, en relation avec le projet du groupe de travail. Lors de cette première journée, nous entendrons les deux communications suivantes :

 Espace acoustique et visuel par Jean-Marc Quillet

La relation entre texte, corps et musique se trame sur un métier utilisant les fils du temps. Le temps de la littérature (imaginée d’abord puis écrite et enfin adressée), celui du mouvement (gestes et déplacements) et celui du son (texte adressé, musique, bruitage).
Ce textile temporel forme une sorte de meta-texte qui ne peut trouver vie sans espace. Aussi, commencerons-nous, précisément, par envisager l’espace nécessaire au déploiement de la choreia. Espace acoustique et visuel, car force est de constater que musique, texte et corps ne peuvent exprimer leurs discours coordonnés que dans un espace ou l’intelligibilité des signaux auditifs est possible tout comme la circulation des repères visuels.

 Jean-Marc Quillet est musicien, homme de théâtre, directeur adjoint du conservatoire d’Amiens, www.jean-marc-quillet.net

MACRO-HARMONY de la musique du théâtre par Marcello Amalfi 

Ce  concept qui sera développé est fondé sur le fait que la structure de la musique du théâtre (des accords musicaux) est formé par une superposition d’éléments musicaux sonores – des notes, des voix, des bruits  – ajoutés aux éléments théâtraux “non sonores” – mais musicaux, tels que la lumière, les décors, les costumes , la chorégraphie, etc, lesquelles modifient aussi la manière dont nous écoutons cette musique.

Marcello Amalfi est doctorant à L’École de Communication et Arts de l’Université de São Paulo, Brésil, dans le Programme d’Études Supérieures des Arts Scéniques.

Réseau Asie et Pacifique, salle 641, bâtiment Le France, 190 avenue de France, 75013 Paris, métro Quai de la Gare

Inscription obligatoire, nombre de places limitées.

 Lundi 21 mars 2016 à 14 heures. Le Topeng, théâtre dansé et masqué à Bali, par Frédéric Tellier.

Frédéric Tellier présente son expérience balinaise et sa confrontation au Topeng, théâtre masqué et dansé de Bali. Cet apprentissage a été d’abord une expérience de la liberté, une manière d’ éprouver l’altérité et de (re) découvrir certaines grands lois du théâtre au-delà de la différence culturelle. Cette pratique du topeng l’a aidé égalent à résoudre des questions dramaturgiques dans la mise en scène d’auteurs contemporains, comme Laurent Gaudé (Cendres sur les mains) ou Evgueni Scwartz (l’ombre).

Frédéric Tellier, acteur diplômé de l’Ecole Internationale Jacques Lecoq, est aussi metteur en scène et responsable artistique du Théâtre du Lin. Il s’intéresse au travail du masque et aux traditions scéniques d’ Extrême Orient, où il se rend régulièrement.

Compte-rendu dans les Ressources

Conférences de l’année 2015

 

 Lundi 23 novembre 2015 de 14 à 17 heures : Présentation et Rétrospective des activités du Centre Mandapa

Le CENTRE MANDAPA – PROMOTION DES ARTS DU SPECTACLE TRADITIONNEL ET CONTEMPORAIN –, dirigé par Milena Salvini avec comme co-programmatrice Isabelle Anna, fête ses 40 ans.

Cette présentation et rétrospective sera suivie d’interventions sur les Danses de l’Inde à l’honneur au Mandapa : « Le KATHAKALI – le BHARATA NATYAM  – le KATHAK », ces interventions seront accompagnées de documents filmés.

Intervenants prévus: Milena Salvini, Isabelle Anna, Eliane Beranger, Alex Berger, Malou Boulet, Dominique Boss et Michel Lestréhan.

Attention: ces conférences se déroulent au centre Mandapa: 6, rue Wurtz, 75013 Paris. M°: ligne 6, arrêt Glacière ou Corvisart

Vendredi 13 novembre 2015 à 14 heures: Le Taiyuan Asian Puppet Theatre Museum à Taïpei (Taïwan)

Conférence de Robin Ruizendaal. R. Ruizendaal est ethnologue et sinologue, Docteur en sinologie de l’Université de Leyden (Pays-Bas). Il est Directeur du Liu Lin Hsin-Puppet Theatre Museum et de la Taiyuan Puppet Theatre Company à Taïpei. Il a écrit et réalisé plus de 20 productions théâtrales taïwanaises modernes et traditionnelles.

Le Taiyuan Asian Puppet Theatre Museum recèle une collection de plus de 10 000 marionnettes provenant de partout en Asie, unique dans le monde. Le musée a bien sûr pour premier but la mission de conserver ces objets, mais aussi la promotion et l’enseignement des différentes formes de théâtre de marionnettes d’Asie, qu’elles soient traditionnelles ou modernes. Ainsi le Musée travaille-t-il en interaction avec son espace urbain proche, et avec les diverses communautés de l’île de Taïwan. il contribue à faire rayonner leurs cultures par la diffusion de ses spectacles.

 

Vendredi 19 juin 2015 : Etre artiste aujourd’hui en Turquie. 

Deux conférences organisées par le Centre de Recherches Théâtrales Saint-Blaise, en partenariat avec le CIRRAS.

Pavillon de l’Indochine, Jardin d’Agronomie Tropicale

L’assèchement des institutions, par M. Mustafa Avkıran

Après avoir dirigé la scène nationale d’Antalya et produit de nombreux spectacles dans le réseau des scènes nationales de Turquie, Mustafa Avkıran a fondé et dirigé le théâtre privé Garaj Istanbul (ISM 2. Katı) jusqu’à sa fermeture récente. Par ailleurs, il est l’un des acteurs les plus connus du grand public turc, grâce à ses apparitions dans de nombreux films et séries télévisées.

Aujourd’hui, la culture musicale dans le monde turcophone par M. Irfan Gürdal

Dès 1987, Irfan Gürdal entre en tant que joueur de saz (luth traditionnel) au Chœur national de Musiques Populaires. C’est en 1991, qu’il fonde avec Ali Özaydın et Cem Gürdal, le groupe de musiques turques Ipekyolu (Route de la soie), qui réalise de nombreux concerts à l’échelle nationale et internationale. Il mène parallèlement des recherches sur les traditions musicales et l’organologie des peuples turcs et turcophones et notamment sur les airs de gorge des Turcs de la région de Tuva (au sud de la Sibérie), sur l’orchestration des musiques populaires au Kazakhstan, ainsi que sur la tradition des aşık (bardes traditionnels) dans les régions d’Ashkabat et de Merv au Türkmenistan. De 1999 à 2014, il dirige l’Ensemble national des musiques du monde turc, au sein du Ministère de la Culture.

Modérateur et traducteur : Ali Ihsan Kaleci, directeur artistique du Centre de Recherches Théâtrales Saint-Blaise, ainsi que le directeur pédagogique du centre de formation continue pour les comédiens professionnels Ayn Seyir (conventionné AFDAS). Sa démarche artistique est fortement influencée par les traditions turques et d’Asie centrale. Il travaille dans une démarche de long terme, à mi-chemin entre tradition et modernité, favorisant les formes transdisciplinaires. Il dirige depuis 2011 le festival International de Théâtre de Cappadoce – Les « Nuits de Cappadoce », en Turquie.

Lundi 11 mai 2015 : L’Art poétique du Nô : de la saveur (aji,MI, ) à l’émotion (KAN, )

Conférence d’Armen Godel, metteur en scène, écrivain, professeur honoraire de la Haute École de Musique de Genève.

Lundi 30 mars 2015 : Le projet scénique de la création de deux monologues singapouriens 

Conférence de Marc Goldberg, traducteur, metteur en scène, ancien professeur de l’Ensat, membre du comité anglais de la Maison Vitez.

La traduction par Marc Goldberg de ces “Deux monologues singapouriens” : Emilie d’ Emerald Hill de Stella KON et Le cercueil est trop grand pour la fosse de Kuo PAO KUN est disponible aux éditions Les Cygnes. ISBN:978-2-36944-216-5

La conférence présente une des questions posées par ces deux textes, en l’occurrence, la question du langage. La question de la langue anglaise est au coeur des premières années du théâtre singapourien et Kuo Pao Kun explore ensuite d’autres possibilités, à travers le multilinguisme. La question se posera du lien entre langue vernaculaire, langue officielle, langue du plateau et dramaturgie. Le parcours de Kuo Pao Kun (le plus grand homme de théâtre singapourien) peut être particulièrement intéressant pour, sans même imaginer y répondre, se poser quelques questions essentielles sur ce thème.

Compte rendu dans les Ressources

Lundi 16 mars 2015 : Le théâtre de Tomaszewski et l’influence de ce courant en France

Conférence de Ella Jaroszevicz, spécialiste du mime et de la pantomime dans le ballet, Professeur au studio Magénia.

La conférence est accompagnée d’une projection de la collection unique des photos sur ce théâtre de Henryk Tomaszewski.

Lundi 9 mars 2015 : Images de l’étranger ou la médiation culturelle sur la scène portugaise au XIXe siècle

Conférence d’Ana Clara Santos, professeur à l’Université d’Algarve, Centre d’Etudes de Théâtre, Université de Lisbonne.

L’étude de l’expérience du contact avec l’étranger permettra de mesurer non seulement le rayonnement de la culture dramatique française au Portugal au XIXe siècle mais surtout de resituer la dimension de la médiation culturelle de certains agents exilés portugais qui rentrent au pays et des agents culturels étrangers qui s’installent à Lisbonne. L’adaptation assume alors une position centrale et médiatrice entre orientation étrangère et théâtre national, et soulève aussi, par la même occasion, la question de l’exercice d’une nouvelle profession qui tend à s’affirmer de plus en plus sur le plan artistique, celle du traducteur/adaptateur. Que signifie traduire/adapter une pièce au théâtre à l’époque ?

Vendredi 20 Février 2015 : La formation dans le Bunraku et le Kabuki

Conférence de Jeanne Sigée, auteur, traductrice de pièces de Kabuki, et adaptatrice.

Lundi 9 février 2015 : Théâtre en Algérie : du théâtre romain au théâtre algérien, le théâtre de marionnettes en Algérie : un état des lieux 

Conférence de Mohamed Kali, journaliste et écrivain.

Compte-rendu dans les Ressources

Vendredi 9 janvier 2015 : La construction du personnage en danse 

Conférence de Nadejda Loujine, chorégraphe, spécialiste de danses traditionnelles et de danses de caractère.

 Conférences de l’année 2014

Jeudi 4 décembre 2014 : Transferts culturels sur la scène européenne ou la réécriture de l’histoire du théâtre national

Conférence d’Ana Clara Santos, Professeur à l’Université d’Algarve, Centre d’Etude de théâtre, Université de Lisbonne.

Lundi 10 novembre 2014 : Les nouveaux enjeux de la formation artistique par la recherche : l’exemple de La Manufacture en Suisse Romande

Conférence de Frédéric Plazy, directeur du théâtre de La Manufacture à Lausanne.

Lundi 20 octobre 2014 : La comédie musicale, genre éminemment américain

Conférence de Vincent Giroud, Professeur de littérature anglaise et de littérature comparée à l’université de Franche-Comté.

Lundi 16 juin 2014 : Du texte à la représentation : les interprétations et les adaptations à la scène du chu Le Rêve Interrompu du Pavillon aux pivoines

Conférence de Madame Wang, maître de conférences HDR au département de Littérature chinoise à l’université nationale de Taïwan.

Lundi 26 mai 2014 : Relire La Leçon de Ionesco : pour une mise en scène actuelle en espagnol

Conférence de Rafael Ruiz Alvarez, professeur de littérature française, cinéma et théâtre à l’université de Grenade.

Vendredi 31 janvier 2014 : Mirmiran, une pratique performative kurde

Conférence de Shwan Jaffar, professeur à l’INALCO.

Conférences de l’année 2013

 

Lundi 9 décembre 2013 : Théâtre chilien et théâtre argentin

Conférence d’Osvaldo Obregon, professeur émérite de l’Université de Franche-Comté.